"Le TFC me fait l’impression d’une équipe qui souffle le chaud et le froid"
Brest occupe la neuvième place, avec trois points d'avance sur le TFC. Les Bretons vivent une très belle saison, mais l'écart semble maintenant un peu grand avec les autres prétendants à l'Europe.
Avant la réception du Stade Brestois au Stadium ce dimanche (15h, DAZN), la rédaction du site LesViolets.Com a interrogé Yann, du podcast de supporters Brest On Air.
On craignait une saison galère pour Brest. Finalement, vous avez brillé en Ligue des Champions et vous n'avez jamais tremblé en Ligue 1. Imaginais-tu que vous feriez si bien en championnat ?
"En début de saison, les dirigeants disaient jouer le maintien. Côté supporters, on espérait plus d’ambition et on visait un ventre mou, parce que l’effectif a été considérablement renforcé en nombre. À cet égard, l’objectif est totalement atteint pour nous et encore plus pour les dirigeants !"
7 points vous séparent de la septième place, potentiellement qualificative pour la Ligue Conférence. Tu crois en l'Europe ?
"Le match nul face à Reims enterre un peu ces espoirs, tant du fait du résultat que du visage montré. Il apparaît probable que l’équipe finisse la saison en roue libre."
Au-delà de ces deux dernières saisons, crois-tu que Brest ait les armes pour s'installer comme un club majeur de Ligue 1 ? Avant l'aller, tu évoquais aussi le futur stade, d'ici trois ans.
"Compliqué à dire. Brest a toujours des infrastructures insuffisantes et une surface financière modérée. L’équipe changera énormément cet été (comme tous les ans) et il est possible que l’on doive composer avec une nouvelle direction sportive. On espérait que la séquence actuelle façonnerait l’ADN du club, mais on ne pourra le voir qu’à long terme."
Côté public, il y a un vrai engouement pour cette équipe, non ?
"C’est très surprenant, mais non. Le coup de cœur était pour l’équipe de l’an passé, dans son ensemble. Mais cette année, beaucoup des recrues ne se fondent pas dans le moule, n’ont pas vocation à rester (beaucoup de prêts) et presque personne n’enchaîne les matchs. Beaucoup de joueurs suscitent de l’indifférence et certains sont même très peu appréciés par le public. Ce n’est pas totalement un hasard si Le Blé (le stade, ndlr) a sifflé à l’issue du match face à Reims, alors qu’il n’y a presque jamais de sifflets à Brest - y compris quand tu perds 7-0 contre Montpellier. Certains parleront d’embourgeoisement mais c’est faire fi de la difficulté de s’attacher à des joueurs qui repartiront dans trois mois, n’affichent pas les bonnes attitudes et enchaînent peu. Il faut évidemment ajouter la cassure de la Coupe de France (Brest a été éliminé en quart par Dunkerque après avoir mené 2-0), qui laisse des grands regrets et donne l’impression que beaucoup des recrues ne sont venues que pour jouer la Ligue des Champions."
J'imagine que le Stadium rappelle de bons souvenirs aux Brestois, avec cette victoire 0-3 l'an dernier qui vous qualifiait officiellement pour la Ligue des Champions…
"Evidemment. J’y étais, c’est le deuxième souvenir de ma vie dans un stade. Mais c’est au-delà du stade, l’ensemble de la journée était superbe - avec un très bel accueil des Toulousains, un très beau tifo en face et évidemment le résultat. On y ajoute beaucoup de petites histoires qui font la grande histoire, à commencer par le but d’Amavi…"
Que penses-tu TFC cette saison ?
"Écoute, Toulouse fait partie des équipes qu’on regardait quand on espérait jouer la 7e place jusqu’au bout de saison. C’est moins le cas en ce moment, mais j’ai l’impression d’une équipe qui souffle le chaud et le froid - un peu comme Brest finalement."
Un pronostic pour ce match ? Et pour le classement final des deux clubs ?
"Espérons du spectacle au moins, puisque je considère que l’enjeu est quasi nul. Brest finira en roue libre et essayera peut-être de tenir un top 10 dans lequel je vois bien Toulouse. Les deux équipes seront sûrement proches (et même collées) dans le classement final, comme aujourd’hui finalement."